Les désillusions d’un volontariat de rêve

Tout sonnait comme un rêve. Travailler entouré d’orques et de baleines était idéal en plein été. Pour savoir à quoi consistait la mission bénévolat, je vous laisse lire mon précédent article

En arrivant sur l’île, malgré les beaux moments que j’ai pu partagé avec vous ( comme ma rencontre avec les orques, m’endormir au chant des baleines…), j’ai ressenti un accueil assez froid de la part de mes hôtes. Tous les volontaires étaient déjà arrivés depuis longtemps et l’équipe avait déjà une routine. Comment se faire une place malgré tout ? 
Je participais activement aux tâches ménagères malgré la fatigue de dormir à l’extérieur ( avec un froid constant la nuit ) et malgré un rhume qui débutait. J’avais pourtant toujours l’impression de ne pas m’inclure. Je passais mes journées avec Ellie, la volontaire anglaise avec qui je partageais ma tente. Heureusement qu’elle était là tout ce temps ! Les hôtes ne m’adressaient presque pas la parole, ne s’intéressaient pas à moi ni à mon parcours. J’avais cette impression d’être invisible et de me sentir inutile.

Les clients du camp changeaient tous les 4 jours. Dure de s’attacher, de voir partir les personnes et de tout recommencer à zéro. Se présenter à nouveau, créer des relations d’amitiés, dire aurevoir. Impossible de créer des liens dans cette mission bénévole.

Après une semaine, je me suis rendue compte que plus nous travaillons, plus les hôtes nous en demandaient. Et tout ça sans politesse et avec froideur. Je découvrais alors que les deux day off promis par semaine n’existaient pas. Nous travaillons 7 jours sur 7 avec seulement 2 à 3h de pause dans la journée. Et encore plus hallucinant, impossible de joindre les clients pendant les excursions. Nous passions donc nos journées sur l’île avec comme activité principale la lecture. Oh bien sûre, des fois les hôtes nous amenaient en bateau quand une alerte orques ou baleines se faisaient entendre mais pour seulement une trentaine de minutes. Voilà à quoi se résumait nos sorties. Quand nous osons demander à faire du kayak ou un whale-watching d’une après-midi, réponse négative de nos hôtes. Et ce, chaque jour.

A la base, nous devions travailler 5 jours sur 7, 4 à 5 heures par jour et pendant nos day off, nous pouvions joindre les clients pendant les sorties. De simples mensonges… On m’avait parlé des ces hôtes qui profitaient de leurs bénévoles pour éviter de payer des salariés, et voilà que j’en ai vécu la preuve malheureusement.

Un jour, mon hôte est venu me parler pour me dire que cette aventure ne me convenait pas et m’a demandé de partir dans les trois jours qui suivaient… Je vous laisse imaginer le choc. Je devais passer deux mois dans cette aventure et voilà qu’après deux semaines, on me demandait de partir. Aucune communication n’a été possible avec mes hôtes, impossible de savoir la véritable raison de mon départ. Sentaient-ils que je commençais à me poser des questions sur ma place sur cette île ? Bien entendu, pour mon cas, impossible de me laisser faire. Je ne travaille pas gratuitement avec autant d’heures de travail. Nous devons être prêt à 7h du matin pour finir de travailler à 22h. Tout simplement impossible pour moi de profiter de cet endroit magnifique pourtant.

Les trois derniers jours restants, je me suis joins au groupe des clients pour les activités ( les hôtes étant partis pour plusieurs jours, c’était la fête avec un membre du Staff qui m’a bien aidé ces derniers jours ) et j’en ai profité comme jamais ! J’ai tissé des liens très forts avec eux ( ils venaient surtout d’Angleterre, d’Irlande, du Mexique, du Quebec…) et je sais que nous resterons en contact ! Le coupe d’irlandais m’a d’ailleurs conduit à Victoria où je suis actuellement, et tout ça gratuitement ! Une vrai gentillesse !

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Pour résumer, méfiez-vous des belles missions qui font rêver car elles peuvent cacher malheureusement un mauvais décor.  Ne vous laissez pas faire ! 
J’ai pris la décision de rester sur Victoria quelques jours et de partir explorer les îles San Juan aux USA. Un changement de plan qui peut-être me sera bénéfique !


9 réflexions sur “Les désillusions d’un volontariat de rêve

  1. Quel dommage! Gardes les bons souvenirs, ces moments magiques et oublie le reste, même si j’imagine bien que ça doit être décevant. Comment tu l’as trouvé cette mission, est ce que tu as la possibilité de mettre un commentaire sur ces personnes sur un quelconque site? En tout cas comme tu le dis si bien, ça sera peut être un mal pour un bien, avec plein de nouvelles aventures imprévues 😃

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  2. Je suis tes aventures, ayant moi même passé quelques temps au Yukon, en volontariat, volontariat qui ne s est pas passé totalement comme prévu.
    Parfois les chemins et les plans changent, et tu vas rebondir .. les îles San Juan sont magnifiques, j étais allée sur orcas island, hébergée par Ryan en couchsurfing, un mec avec un cœur en or.. si jamais pour info .
    Bonne continuation et bon voyage !!

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  3. T’as bien fait de partir.
    C’etait de l’esclavage moderne dans un cadre sympa neanmoins.

    Tu as une force de caractère qui te permet de vite rebondir et de voir le bon côté des choses. Tu en sortiras grandi

    On To the next adventure !!

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  4. oh 😦 Et pourtant ca sembalit etre le job de reve !!! c’est vraiment dommage et j’espere que tu pourras partager cette experience un maximum pour que les prochains volontaires soit decouragés. Peux-tu laisser des avis en anglais sur leur site ? Forum ? leur page facebook ? Je ne sais pas mais ne pas se laisser faire c’est aussi alerter les autres de l’arnaque ! 2 semaines décevantes mais je suis contente que les 3 derniers jours étaient bien le fun pour toi !

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  5. Hum c’est très fréquent le travail déguisé ! À la base j’étais sensé partir dans une auberge de Saguenay en bénévolat mais j’ai refusé car j’estimais que ce travail devait être fait par quelqu’un de salarié puisque qu’on parle de travailler pour une entreprise et non pas pour un privé !

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  6. Je ne me fais pas de souci, il ne peut y avoir que du positif qui ressort de tout ça !!! Profites de tes vacances et reviens encore plus déterminée pour la poursuite de ton PVT 😉 et si jamais, tu repasses par le Yukon, fais-moi signe 🙂

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  7. Bonjour ! Quand j’ai découvert ton projet, j’ai tout de suite mis ton blog dans mes favoris pour suivre tes aventures. Nous sommes nous aussi au Canada dans le but de faire du WOOFing et nous aussi nous avons dû revoir nos plans suite à une grosse désillusion : notre expérience n’aura duré que 24 heures. Quand nous sommes arrivés chez nos hôtes, la « roulotte de camping écologique » présentée dans l’annonce était en fait une vieille caravane, insalubre, sans eau ni électricité et avec un seau en guise de toilettes… Inenvisageable pour nous de passer 2 mois dans cet endroit. Changement de programme du jour au lendemain : été à Montréal, automne aux États-Unis et si tout va bien hiver dans l’Ouest Canadien (je rêve d’un hiver au Yukon).
    J’ai hâte de découvrir la suite de tes aventures !

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  8. Merci pour ton article, même si c’est triste à lire on se sent un peu moins seul ! On vient de se faire virer de notre volontariat dans le Yukon au bout de 6 jours car on travaillait soi-disant pas assez ! Parfois on se demande pourquoi les gens prennent des volontaires ! A la base c’est un échange, un partage, de la communication et certaines personnes ne sont pas du tout dans cet état d’esprit ! Ils ne disent rien de leur attentes, ils attendent que ça tombe du ciel, mais ne voyant rien changer ils montent en pression et ensuite explosent !!! Mais restons positif ça nous fait une expérience de plus et ça alimentera un article sur les désillusions du volontariat ^^

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  9. Ne jamais dire jamais mais je ne pense pas que je ferai un jour du volontariat même si j’avoue avoir voulu en faire quand j’ai fait mon PVT au Canada.

    Mais quand je voyais se lever à 5h et finir à 17h00 et ce six jour sur sept, je me suis dit que j’allais plutôt profiter plutôt que de travailler sans être rémunéré.

    Deux à trois heures par jour, ça me semble être un bon compromis de volontariat. Après, c’est vraiment du profit de la part des « hôtes ».

    On apprend de toutes les expériences et peut-être même encore plus des mauvaises, c’est ce qu’il faut se dire. Les mauvaises expériences te permettent de savoir de quoi tu es capable, de connaître tes réactions. Comme le dit le Dalaï Lama, de chaque expériences et épreuves, il faut en ressortir du positif, ne fuse que d’en apprendre sur toi même. Penses à ce que cette expérience négative t’as permise d’acquérir et voilà!

    Profite bien du reste de ton PVT!

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