Yukon : Le métier de Musher avec Alpen Huskies

Ma rencontre avec une famille de Musher

enjoy our freedom. (1)

Musher.
Ce nom vous dit peut-être quelque chose, peut-être que vous connaissez la signification. Être Musher c’est être le conducteur d’un traîneau à neige tiré par un attelage de chiens. D’où provient ce nom ? A l’origine les conducteurs canadiens disaient « marche » à leurs chiens de traîneaux. En anglais c’est devenu « mush ».

J’ai toujours été fascinée par ce métier de part mes lectures du célèbre écrivain Jack London et de part les nombreux reportages TV que j’ai pu voir.

Pourquoi je vous parle du métier de Musher ? Parce qu’au Canada, c’est un métier fascinant.

Dans la région de Whitehorse, nous pouvons croiser pas mal de mushers mais certains organismes se transforment en boîte à touristes où seul le business et l’argent compte. Certains se transforment en ferme, en musée et où les chiots sont seulement là pour faire des selfies avec les touristes. Il suffit de s’y rendre pour remarquer que les chiens sont fatigués de ce traitement. Je comprends tout à fait que les courses peuvent coûter chères et qu’il faut alors avoir un business pour les financer mais je trouve ça tellement dommage.

J’ai eu la chance le 28 Mai de rencontrer la famille de Musher français Alpen Huskies et je peux vous dire que leur passion, c’est leurs chiens. Ils en parlent avec des étoiles dans les yeux et le sourire aux lèvres. Et comment savoir qu’ils sont musher par passion ? Il suffit juste de les rencontrer eux et leurs magnifiques 26 chiens.

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Les chiens de Thomas et Chrystelle sont considérés comme une partie de la famille. Ils sont proches d’eux et s’occupent de chacun d’eux comme de leurs propres enfants. Les chiens ne sont pas seulement là pour la course de traîneaux. J’ai aimé partager avec Chrystelle sa façon de voir la vie au Yukon et rencontrer leur fils, Jim de 5 ans qui s’épanouit complètement dans cette manière de vivre.

Pendant la période d’été chez Alpen Huskies, il est possible de pratiquer la cani-rando ( dog-trekking ) ou la cani-cross. Marcher ou courir avec un des chiens en étant attaché à une corde élastique. Grâce à cette activité, je me suis rendue compte de la force que peut voir un chien. Le physique n’est pas important, qu’il soit grand ou maigre, le principal étant la force. Personnellement avec Câline qui est toute fine, je ne pensais pas qu’elle avait autant de « Power » ! Une vrai fusée !

Chrystelle avait amené Star, qui est le leader. Calme, attentif à tout ce qui l’entoure. Un seul ordre et il obéit. La relation entre le chien et le musher est vraiment importante.

En hiver, Alpen Huskies organise des demi-journées/journées ou des excursions de plusieurs jours en chiens de traîneaux. Glisser sur la neige, expérimenter le métier de musher en condition parfois extrême, camper sur la neige…

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Interview de Chrystelle et Thomas

Chrystelle, peux-tu présenter ta petite famille ?

Cela fait maintenant trois ans que nous vivons en famille Thomas, Jim et moi, au Yukon. Moi-même, j’y ai déjà vécu en 2008-2009.

Thomas et moi, nous nous sommes rencontrés en 2010 dans le Vercors. Nous étions alors chacun musher avec nos propres chiens.Thomas plus axé sur les courses de traîneau et moi sur les excursions en traîneau dans le grand nord. Nous avons alors créer une meute commune, puis Alpen Huskies : notre nom de chenil, est né !

Pourquoi avoir choisi le Yukon ?

L’amour combiné des grands espaces et du grand nord, qui se découvre en traîneau à chiens durant les longs hivers…

La possibilité de vivre ici un style de vie OFF grid  proche de la nature, la possibilité de vivre avec nos chiens de traîneau (ce qui n’était pas le cas en France!) et surtout la possibilité de faire des excursions dans la nature sauvage, parfaitement adaptée au voyage en traîneau, et tout ce qu’on peut partager d’intense avec nos chiens dans la nature sauvage , été comme hiver.

Peux-tu présenter ton activité et nous présenter une journée type en tant que Musher ? 

L’hiver, nous proposons du traîneau à chiens. Notre journée se rythme par la soupe aux chiens, le ramassage des crottes et les câlins à chacun de nos 26 compagnons. La journée se complète par un entraînement ou une balade avec des touristes pour une demi-journée ou une journée et vient ensuite le repas des chiens.

L’été, nous proposons de la cani-rando ou cani-cross. Notre journée commence par la distribution de l’eau aux chiens, le ramassage des crottes et les câlins , vient ensuite la soirée en cani-rando ou cani-cross pour 1/2 ou 1 journée et pour finir le repas des chiens.

Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite à venir au Yukon que ce soit pour les vacances ou pour y vivre ? 

Je dirais que ce soit quelqu’un qui aime les activités de plein air, et/ou les road-trips, les beaux paysages et la nature sauvage. L’histoire de la ruée vers l’or, ou qui souhaite s’offrir le luxe de voir des aurores boréales, il n’y a pas à hésiter! Été comme hiver, le Yukon est accessible à tous! Toutefois, si vous n’aimez vraiment pas le froid, venez en été ! 😉

Peux-tu nous raconter l’histoire de ta meute ?

Notre meute commune a commencé en 2010 peu après notre rencontre. Nos premiers chiens sont nés dans la vallée de la Clarée dans les Hautes-Alpes. Personnellement, mes chiens venaient de chez un trappeur du Yukon alors que Thomas avait, lui, opté pour des lignées de courses issues notamment d’Alaska. Tous nos chiens sont des Alaskan Huskies. Certains typés purement nordiques, d’autres typés chien de course de longue distance.

Mes trois premiers chien Star, Eagle et Flam ont voyagé beaucoup avec moi au Yukon, en Alaska, en France entre les Alpes et le Vercors, en Italie, en Allemagne…
Cookie, la base de notre meute, a passé du temps en Norvège avec Thomas et a couru comme chienne de tête de course sur une distance de plus de 400km. Ce sont nos 4 mascottes chez Alpen Huskies. Les plus sages…qui approchent maintenant déjà les 9 ans.

Lorsque nous avons souhaité déménagé au Yukon, nous étions quinze. Un enfant de 2 ans et demi, 12 chiens et nous deux.
Le déménagement au Yukon fut une grosse organisation et un énorme investissement financier mais nous ne regrettons pas notre choix !

Les deux derniers de la meute sont Plume et Hippo. Ils ont deux mois.

Thomas, que représente pour toi, participer à une course ? A combien de courses as-tu participé et comment cela se déroule-t-il la plupart du temps ?

Participer à une course, c’est toujours un moment attendu, mais toujours un challenge. Le jour J, tout peut arriver ! Alors il y a toujours plus ou moins de pression. C’est un mélange entre plaisir et appréhension. 

J’ai participé à plusieurs courses en Europe depuis 2006, essentiellement en sprint 6 chiens, comme des Fourgs dans le Jura, Vassieux en Vercors, la Valgaude dans les Hautes-Alpes ( où on s’est placé 2ème ), l’Alta Via en Italie ( où on a remporté la 1ère édition ) mais je ne prenais pas vraiment le plaisir que je cherchais dans ces courses de sprint. Courir en France, sur des pistes damées et des distances allant de 12 à 30km maximum, s’apparentait plus à courir sur une piste d’athlétisme pour un courir, comparé à courir dans la nature, pour un trailer. J’avais envie d’aventures dans la nature. C’est ce que j’ai eu l’occasion de vivre lorsque j’ai couru la Femund 400km en Norvège.

Ce que j’apprécie au Yukon, c’est l’immensité des étendues. La nature se déroule à l’infinie devant vos yeux, avec toujours la possibilité de rencontrer un élan, un troupeau de caribous, ou une autre fois un coyote et un lynx. Ici on partage vraiment de beaux moments avec nos chiens, sur la piste, que ce soit en entrainement ou en course.

Actuellement, on se concentre sur des courses de moyennes distance ( de 100 à 300 miles, soit 160 à 500km ), qui se courent sur un à trois jours, avec bivouacs.

Ici, au Yukon, on a participé à la Carbon Hill deux fois ( 60km, 4ème et 8ème place ), la Christmas Classic deux fois ( 8ème et 3ème place, à une minute de la 2ème ) et la Yukon Quest 300 ( 500km ) où j’ai préféré arrêter après 215 miles ( 350km ) par -40 degrés car les chiens de prenaient plus de plaisir. 

Il y a généralement une liste de matériel obligatoire à avoir dans le traîneau comme : Sac de couchage, bottines pour les chiens, réchaud pour fondre la neige, raquettes à neige…

Les départs se font souvent à 2min d’intervalles, avec un nombre mini et maxi de chiens autorisés au départ et à l’arrivée. La plupart du temps, il n’est pas permis de changer de chiens au cours de la course. On enlève de l’équipe ceux qui sont trop fatigués ou qui ont un problème, avec un risque d’élimination si on atteint le nombre mini de chiens attelés autorisés. 

Il s’agit donc de gérer au mieux la vitesse, les temps de repos, l’état général de chacun des chiens, en fonction du but de la course. Tout ça, le nez dans les aurores boréales, si on a de la chance ! Et la victoire ne se trouve pas toujours et seulement dans la 1ère place, tout dépend des objectifs qu’on s’est fixé.

Nous gardons comme objectif, d’ici quelques années, une participation à la course la plus difficile du monde : La Yukon Quest ( 1600km ). Nous sommes toujours à la recherche de sponsors et/ou partenaires pour cet événement international. 

Chrystelle, tu as travaillé pour Nicolas Vanier, peux-tu nous raconter comment tu as vécu cette expérience ? 

J’ai travaillé une saison pour le camp Nicolas Vanier dans le Vercors, en tant que guide de traîneau à chiens. A l’automne, j’ai entraîné et chouchouté une meute d’environ 50 chiens dont certains étaient célèbres pour avoir participé à l’Odyssée Sibérienne de Nicolas. Pendant l’hiver, j’ai guidé des excursions en traîneau de un à plusieurs jours sur les plateaux du Vercors. Je suis fière également d’avoir eu l’honneur d’atteler pour la première fois deux grandes championnes de Nicolas, Burka et Quest, qui ont participé il y a deux ans à la Yukon Quest avec lui.

Je remercie énormément Chystelle et Thomas pour m’avoir donné l’opportunité de découvrir une partie du métier de musher. J’ai passé un agréable moment à leurs côtés en découvrant leur passion pour les chiens de traîneaux.

Vous pouvez les suivre sur :

  • Leur page Facebook Alpen Huskies,
  • Leur site internet Alpenhuskies.com

 


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